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Ma lettre d'amour à l'Elysée!

Le 7 mai 2020, confinée dans mon petit appartement, j'ai regardé avec beaucoup d'attention les informations pour nous annoncer les prochaines directives, le discours concernant la culture m'a beaucoup inspiré, et j'ai pris conscience que nous sommes dans une  j'ai donc décidé d'écrire une lettre d'amour à l'Elysée pour ouvrir mon coeur sur cette situation. Je vous partage par ici ma lettre, ainsi que l'enregistrement audio que j'en ai fait, pour la diffusion sur mes réseaux sociaux; Cette création artistique est un cri du coeur face à une situation étouffante. Ce n'est en rien une révolution, ou une ouverture à débat politique. Prenez ce dont vous avez besoin, laisser le reste. Merci pour votre soutien et votre compréhension face à cette situation incroyable. 

"Chers vous, 

 

Je vous déclare mes sentiments par cette missive, car cela fait trop longtemps que je porte sur mon coeur d’étranges sensations… et lorsque par hasard, je suis tombée sur votre discours pour les intermittents du spectacle et le monde de l’événementiel et du théâtre, j’ai eu des frissons, des papillons dans le ventre… Vous voir les cheveux défrechi, les manches remontés, 2 verres d’eau pour vous aider, en sueur sous la masse de travail… m’a émoustillée. Et par ce que comme le dit si bien Honoré de Balzac "L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi. » Je viens par cette lettre, vous déclarer ma flamme, que dis-je, allumer le feu! 

 

Un coup de foudre, oui c’est ça. Je suis tombée en amour pour vous et vos idées merveilleuses.

Hier encore, pour la centième fois, j'ai pensé à votre discours... Lorsque je me suis endormie vous étiez avec moi. Tout au long de la nuit, ces paroles et votre voix ne m'ont pas quitté et m'ont inspiré les rêves les plus délicieux. J’ai rêvé que je travaillais au « Cirque du Soleil, » que toute la nuit durant, j’essayais « d’enfourcher le tigre » pour me sortir de cette situation pénible… Au petit matin, j'ai gardé les yeux fermés quelques instants, j’avais des courbatures partout et j’ai réalisée que j’avais tuée mon plus beau coussin… celui qui était tout doux. Puis je me suis dit, « lance toi Solange et dit lui ce que tu as sur le coeur ».

 

Tout à commencer par ce petit mot que vous avez prononcé mi mars, ce petit mot qui me déclenche une petite décharge éléctrique à chaque fois que vous le dites « confinement ». Ce petit mot si fragile, si simple et si délicat qui tous les quinze jours m’a mise dans tous mes états, et finalement nous à fait perdre deux mois de notre vie, de notre liberté, de notre profession, voila!. 

 

Alors croyez le ou non, quand vous avez prononcé son antonyme « déconfinement » j’en ai eu de grands frissons, de la fièvre, des maux d’tête, j’ai cru que j’avais attrapé le virus juste en vous écoutant. Ce qu’on été bien chez nous, entassé dans un appartement de 30m2, sans extérieur à jouer à la maîtresse (des écoles je précise), à prendre des apéro / visio… avec comme animation journalière, tous les soirs à 20h00 la minute d’applaudissement à la fenêtre, notre bol d’air quotidien. Un geste hautement symbolique, un soutien.

 

D’ailleurs, tel Juliette à son balcon, J’ai espéré vous voir en bas, mais j’ai eu beau attendre, vous n’êtes jamais venu vers moi. Et pour cause, l’amour est imprudent! Il ne faut pas se retrouver, s’acoquiner, s’embrasser, se toucher, se désirer… On peut attraper le virus… Le monde a été mis en OFF. Le 11 mai, nous allons vivre un vrai tournage de cinéma à Grenoble, « Jumanji ! » J’ai fait ma sortie journalière et je ne trouvais plus la voie de vélo, les branches me tombait sur la tête, et les fleurs sont presque aussi grandes que moi. La nature à repris le dessus. Si les coiffeurs ne réouvre pas, on va tous ressembler à Chubacca, heureusement qu’on est masqué, on passera inaperçu le temps d’y aller. 

 

J’en profite pour vous exprimer mon désarroi concernant l’artisanat… Les couturiers, les créateurs fabriquent des masques à leur frais mais ne peuvent pas les vendre? L’économie part en sucette, mais vous ne faites rien pour que ça s’arrête ? La mode est un pilier de notre France, et même si « le bal masqué » va redevenir le tube de l’été, des collectifs se créent et l’artisanat ne doit pas le payer! 

 

Alors j’ai attendu de nombreux jours, de nombreuses heures que vous veniez vers moi, avec un message, une missive pour m’annoncer la bonne nouvelle… celle que les rassemblement allaient pouvoir être possible, que les mariages puissent être fêtés et les unions célébrées à plus de 50 personnes dans des conditions soignées… J’ai espéré tellement de fois… Mais tel un prince charmant sur votre cheval blanc, vous n’êtes jamais venu nous l’annoncer. 

 

Parce que oui, mon cher vous, le 11 mai 2020, l’économie va redémarrer, mais vous m’avez oublié ! Chaque fois il y a quelque chose dans votre beauté, dans votre merveilleux regard qui me fascine, celui de détourner le problème, oublier d’en parler, ou simplement ne pas l’accepter. Vous devez crouler sous les lettres d’amour, mais sachez que je suis la seule et l’unique que vous aimera à jamais! 

 

Pourtant, j’ai de nombreuses connaissances qui on essayer de comprendre, d’avoir des réponses sur la situation. Je pense à ces associations qui se démènent, A ces collectifs qui se créent. Parce que non ! Pour reprendre vos mots « Je ne peux pas faire du concret; comme Robinson Crusoé, aller dans le cellier et manger du jambon et du fromage frais! » 

 

Cher vous, oubliez-vous que l’on doit se rhabiller le 11 mai ? Et qu’en deux mois, devant Netflix à glandouiller, télétravailler et bouffer, nos centimètres ont augmentés! 

 

Alors je me jette à l'eau, à vrai dire par écrit. Il m'est de plus en plus difficile de continuer à faire semblant, d'être totalement indifférente à ce qui se passe, d'être cette  « Conteuse d’histoires d’amour »  et « artiste de la poésie » qui ne comprend pas la situation. Mon cœur ne cesse de battre de plus en plus fort : A-t-on raison d’espérer ou a-t-on tort ?

 

De mon rêve le plus secret, ces quelques mots déposés sur cette feuille de papier... sachez que mes souhaits sont bien plus profonds qu’un amour naissant! Va-t-on avoir les moyens de survivre à cette crise sans y perdre nos dents? 

 

Après le 11 mai, ce n’est que partie remise, pour notre profession, on est encore loin de se faire la bise. Et pour rappel, c’est notre métier, pas un job d’été. 

 

J’ai bien conscience que vous essayez de trouver des solutions pour l’économie « l’été apprenant » que vous avez annoncé, les mesures des vacances écourtées, voire supprimées. 

 

Certes on va devoir se réinventer. Mais quand vous enlevez quelque part, une autre catégorie de métier est impactée. Et les mariages, l’amour et l’engagement se célèbrent les samedis, pendant les vacances, les jours fériés, l’été, jusqu’à la Toussaint pour ceux qui ont du reportés. Quand aux intermittents, annoncer que les colonies de vacances, le métier d’animateur et « la danse des tongs » est une possibilités pour eux, cet été n’est pas très enchanteur pour n’importe quel acteurs. Croyez moi, j’ai dirigé des colonies de vacances pendants des années, c’est un vrai métier qui s’est professionnalisé ! 

 

Cher vous, vous exprimer mon amour, j'en rêve depuis deux mois ; faire avec vous de jolies promenades sur le bord du canal de mon enfance ; passer des soirées en tête à tête et vous pourrir de mots d'amour ; tout connaître de vous, tout comprendre de vos projets et vos taquetiques. » 

 

Vous déclarer mon amour de vive voix, j'aurais préféré.

 

J'aurais préféré... j'aurais tant aimé !" 

 

Mais ne le pouvais.

 

Solange

J'espère que ce billet vous a plu. Prenez le temps de savourer chaque instants, profitez, souriez, amusez-vous et vous allez vivre une journée inoubliable. Si vous souhaitez me partager vos impressions, n'hésitez pas à m'adresser un petit mot.